Gérard Gilles

1921-2005

Gérard Gilles voit le jour le 20 juillet 1921 à Mérignac, près de Bordeaux.

Après avoir achevé ses études secondaires au lycée Montagne de Bordeaux en 1939, il s’engage volontairement dans l’armée. Démobilisé le 13 août 1940 avec le grade de sous-lieutenant, il reprend ses études à la faculté de droit de Bordeaux de 1940 à 1943.

Le 8 juin 1943, il quitte la France pour rejoindre les Forces françaises libres en Afrique du Nord, au Maroc. Intercepté par les autorités espagnoles, il est emprisonné à Pampelune, puis interné au camp de Miranda de Ebro du 9 juin au 8 septembre 1943, avant d’être placé en résidence surveillée à Madrid. Libéré, il quitte l’Espagne le 21 octobre et arrive à Casablanca, où il intègre la 2e division blindée du général Leclerc. Il participe au débarquement en Angleterre le 20 juillet 1944, puis en France le 1er août 1944, contribuant à la libération de Paris.

Démobilisé le 20 août 1945, il entame une carrière professionnelle le 1er novembre 1945 à la Société maritime Denis-Frères à Bordeaux. En janvier 1947, il est muté à Saïgon (Viêt-Nam) et dirige l’agence de Tourane (Da Nang) jusqu’en juillet 1954. De retour en France, il reprend sa thèse de doctorat en droit maritime à la faculté de Bordeaux d’août 1954 à novembre 1955. Il rejoint ensuite la Société commerciale de l’Ouest africain (S.C.O.A.) en tant que cadre, de novembre 1955 à novembre 1980. Il travaille successivement à Conakry (Guinée) de 1955 à 1958, à Cotonou (Bénin) jusqu’en 1960, puis dirige l’agence de Bobo-Dioulasso (Haute-Volta) jusqu’en 1963. Rentré en France, il prend la responsabilité du centre de formation de la S.C.O.A. à Paris de 1963 à 1967. Par la suite, il effectue des missions ponctuelles en Afrique, au cours desquelles il collecte et transmet des spécimens d’Aphyllophorales.

Récoltes

Ses premiers envois, datés du 3 mars au 17 mai 1968, proviennent des environs de Libreville (Gabon) et sont enregistrés à l’herbier de l’université Lyon 1 sous les numéros LY 6215 à LY 6276. Chaque spécimen est accompagné d’une sporée et souvent d’une fiche descriptive. De 1969 à février 1972, il envoie régulièrement des échantillons, principalement issus de la forêt de la Mondah au Gabon. En mai 1972, il se rend en Côte-d’Ivoire, où ses envois s’échelonnent du LY 6812 (« Côte-d’Ivoire no 1 ») au LY 7384 (« Côte-d’Ivoire no 254 ») en juillet 1974. De retour au Gabon, il transmet 350 récoltes entre novembre 1977 et décembre 1978, puis 308 autres avant juin 1979. Il effectue également des récoltes à Madagascar de fin décembre 1979 à juin 1980, et de février à juin 1981.

À partir de 1983, il commence à récolter en France, notamment dans les Landes, où il possède une villa à Tartas, ainsi que dans les Pyrénées-Atlantiques. Retraité depuis le 1er avril 1983, il se consacre pleinement à l’étude des Aphyllophorales. Avec Jacques Boidin, ils se rendent à l’île de la Réunion en avril-mai 1985 (récoltes LY 11.100 à LY 11.743) et en mars-avril 1987 (récoltes LY 12250 à LY 12954). Après chaque voyage, il confie l’intégralité de ses récoltes et sporées à Jacques Boidin. Son engagement est total, tant sur le plan scientifique que financier. Entre ces deux séjours, il effectue seul un bref voyage au Brésil en décembre 1986. Bien que Boidin soit retourné seul à la Réunion en 1990 et 1995, Gérard Gilles y multiplie les séjours : de novembre à décembre 1996, d’avril à mai 1997, de mars à avril 1998, de mars à avril 1999, de février à avril 2000, de mars à mai 2001, et enfin de mars à mai 2002, accumulant 885 exsiccata.

Si toutes les récoltes n’ont pu être déterminées, un grand nombre figure dans les 40 articles parus de 1980 à 2003, où G. Gilles est signalé comme coauteur.
Dans ces articles, le nom de Gilles apparaît lors de la description de 141 espèces nouvelles et de cinq sous-espèces ou variétés.

Publications

Sources

  1. Notice nécrologique par Jacques Boidin